La rentrée scolaire et les ménages algériens : Le dernier obstacle à sauter !

Plus que quelques jours pour la rentrée sociale. Une rentrée bien particulière, notamment pour celle du secteur de l’Education nationale. Des millions d’enfants rejoindront les bancs des classes dès le mercredi 5 septembre 2018 pour entamer l’année scolaire 2018-2019.

Un rendez-vous important à plus d’un titre. Que de soucis pour les autorités publiques pour assurer le «succès» d’une rentrée des classes sans problème majeur et les parents d’élèves qui vont subir les conséquences d’un été «chaud», sur le plan du portefeuille. Les fêtes religieuses ou civiles, sont arrivées l’une après l’autre, dans un laps de temps très court, occasionnant des dépenses que peu de ménages ont pu supporter sans grands «dégâts». Les fêtes de l’Aid Es Seghir et de l’Aid El Adha ont rogné fortement sur le bas de laine des familles. Les vacances, pour les ménages qui ont «programmé» un séjour quelque part loin du foyer a plus qu’éroder le maigre budget prévu à cet effet.

Il reste maintenant à affronter la rentrée scolaire et ses inévitables dépenses qui mettront quasiment sur la paille plus d’un ménage.

Du côté des pouvoirs publics, en cette période, c’est la mobilisation générale pour assurer une rentrée scolaire sans problèmes.

Des réunions et encore des réunions pour mobiliser les troupes devant se pencher sur les préparatifs. Des cadres du ministère de l’Education nationale se sont réunis à Alger dernièrement. Le département de Benghebrit est mobilisé pour assurer des cycles de formation, des préparatifs et des mesures ont été instaurés.

La tenue de cette réunion présidée par la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, avait un double objectif, celui de l’inspection et celui d’identifier les dernieres «misqes au point» pour cette rentrée scolaire. Mme Benghebrit a exhorté les participants à réunir tous les moyens pédagogiques et administratifs afin d’accueillir les élèves scolarisés dans les meilleures conditions et assurer la réussite de la rentrée.

Il convient de noter qu’une commission intersectorielle en charge de la préparation de la rentrée sociale a mobilisé toutes les ressources matérielles et humaines.

Par ailleurs des cycles de formation ont été organisés au profit de milliers d’enseignants nouvellement recrutés, outre la mise en place d’un certain nombre de mesures pour assurer le succès de la rentrée! S’agissant des préparatifs, on mentionne, que de nouvelles structures pédagogiques, notamment dans le cycle primaire ont été réceptionnées dans plusieurs willayas.

Pour cela, la tutelle a consacré une enveloppe consistante pour la réhabilitation des structures éducatives, notamment celles relevant du cycle primaire.

 

L’Etat mobilise ses moyens

Dans ce sens, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales, et de l’Aménagement du territoire, Nouredine Bedoui, a affirmé il y a peu de temps que l’Etat a mobilisé toutes les ressources humaines et matérielles pour la réhabilitation des établissements scolaires avant la prochaine rentrée scolaire.

Le ministre avait donné des instructions aux walis pour qu’ils passent à la vitesse supérieure, concernant la réhabilitation des structures éducatives, faisant état d’une autre mission d’inspection que mèneraient les cadres du ministère début septembre dans le but de s’enquérir de l’application des instructions données à cet effet.

Parmi les mesures prises en prévision, il est prévu la mobilisation de 84.000 postes budgétaires pour assurer une bonne gestion des écoles primaires, dont 45.000 postes au profit des diplômés des centres de formation professionnelle (restauration, transports et maintenance) outre un quota supplémentaire au profit des wilayas du Sud et des nouvelles wilayas déléguées.

Un budget de 27 milliards de dinars ont été consacrés pour l’achat de 3500 bus de transport scolaire en faveur de toutes les communes du pays. Parmi ces bus, 600 unités seront disponibles en septembre, outre le dégel de 15 milliards de dinars destinés à la surveillance et à la maintenance des écoles primaires (50% de ce montant seront destinés à équiper les établissements en chauffage et climatiseurs).

Une enveloppe de 26 milliards de DA consacrés à la gestion des cantines, et une autre enveloppe a été réservée pour le soutien de la transition énergétique en vue d’équiper les écoles pilotes, à travers les 48 wilayas, par des équipements fonctionnant avec des énergies renouvelables.

Il a été procédé, également, au dégel de 1540 projets relevant du secteur de l’Education nationale dont la réalisation et la réhabilitation des établissements primaires et des cantines à travers tout le territoire national.

Pour les parents d’élèves, une grande inquiétude et une crainte certaine face aux dépenses liées à cette rentrée scolaire. Un cartable, un tablier, des articles scolaires et des manuels sont des dépenses incompressibles qu’il faut assumer coûte que coûte.

Les bourses des ménages seront encore cette fois-ci sollicitées encore plus qu’après les frais occasionnés par les célébrations des fêtes de l’Aid et, avant cela, par les dépenses du Ramadhan.

Les citoyens aux revenus modestes, du fait de l’érosion constante de leur pouvoir d’achat, appréhendent à juste titre cette rentrée scolaire et la mauvaise surprise que constitue l’augmentation des prix des fournitures scolaires et des tenues vestimentaires.

Les tabliers scolaires, de fabrication locale, se négocient entre 800 et 1 200 DA. Les blouses importées, dépassent les 1 600 DA. Les cartables, affichent des prix qui font «rougir». Ils sont entre 2 200 et 4 800 DA, selon la qualité du produit.

Les cahiers, les stylos et autres articles nécessaires aux élèves sont eux aussi dans une courbe ascendante.

De nombreux ménages ne pourront pas assurer le nécessaire à leurs enfants scolarisés.

Dans ce cadre, le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs a lancé l’initiative «le cartable de l’orphelin», en faveur des élèves orphelins et démunis.

Le ministère des Affaires religieuses a précisé, la semaine passée dans un communiqué, que cette initiative avait pour but «d’aider les catégories sociales qui sont dans le besoin et de consacrer le rôle religieux et social que notre secteur doit assumer notamment à travers le Fonds de la Zakat».

Financée par le Fond de la Zakat, cette initiative est supervisée par les conseils Souboul El Khairat, relevant de la fondation des mosquées de chaque wilaya du pays, en coordination avec les services locaux concernés, a ajouté la même source.

Dans ce cadre, le ministère a invité «les instances organisées de la société civile, les entreprises économiques et les bienfaiteurs à participer massivement à cette campagne nationale, pour aider un maximum d’orphelins et d’enfants démunis».

Mohand Ouarab