Les opérations de relogement s’accélèrent : Un toit décent pour tous !

Un toit pour tout le monde ! C’est le défi complexe et ardu que se sont lancés les pouvoirs publics en 2014. Eradiquer les bidonvilles qui ceinturent la capitale dans un premier temps, éliminer du paysage les habitats précaires et «alléger»un tant soit peu les cités populaires, dans une seconde étape.

C’est donc la feuille de route que se sont tracées les autorités publiques à court terme. Une course contre la montre et un pari  difficile à concrétiser en raison des «lourdeurs» qui accompagnent souvent l’acte de bâtir.

Le défi est en passe d’être relevé, notamment à Alger où depuis juin 2014, les services de la wilaya ont procédé à plusieurs opérations de relogement, qui ont touché de nombreuses familles des bidonvilles, des habitations précaires et même des cités populaires qui «étouffaient» sous le nombre élevé des habitants.

Jusqu’à présent, les services de la wilaya d’Alger en sont à la 23e opération de relogement. La 24e touchera de 6000 à 8000 familles occupant des habitations précaires y compris des logements exigus, a affirmé mercredi 9 mai 2018, le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, après l’achèvement de la troisième étape de la 23e opération de relogement qui concerne 3000 familles pour les deux formules Logement public locatif (LPL) et Logement social participatif (LSP).

Cette opération a touché des familles du bidonville «Beta vie», le site des chalets des Orangers (Birkhadem), celui des habitations précaires des «Ferme Cabot» et «ferme Jenner» (Bir Mourad Rais), celui de la «Ferme El Feth» à Said Hamdine, les points noirs au niveau de la commune de Zéralda, le site jouxtant le stade d’El Biar et le site des points noirs au niveau de la même commune.

Les bénéficiaires de cette opération ont été relogés dans de nouvelles cités à savoir : la cité des 286 logements à Douéra, la cité des 168 logements à Douéra, la cité des 232 logements à Ouled Fayet, la cité des 42 logements à Ain Benian, la cité des 100 logements «Djenane Nouar El-louz» à Ain Benian, la cité des 222 logements à la commune Selmani (Eucalyptus), la cité des 18 logements à Douéra et la cité des 142 logements à la commune de Sidi Hassen (Chéraga).

Abdelkader Zoukf a assuré que les bidonvilles ont été éradiqués et qu’il ne reste que les habitations précaires et les haouch, a soutenu le wali d’Alger, qui a précisé qu’après les occupants des habitations précaires et haouch, ce sont les habitants des logements exigus qui seront pris en charge.

 

Le défi face à la crise

Satisfait, le wali d’Alger l’est quant au  succès des opérations de relogement qui se sont déroulées sans trop de «problèmes».

Quelques contestations d’«oubliés» des listes établies par les services de communes, avalisés par les circonscriptions administratives et enfin le quitus de la wilaya d’Alger, ont été enregistrées. Des recours ont été déposés par ceux qui se sont estimés «lésés», des recours souvent rejetés.

D’autres plaignants ont eu gain de cause et l’erreur a été réparée.

L’attente fut longue pour tout le monde. De longues années à espérer et à souhaiter de tous ses vœux un «miracle». Et pour cause ! 2016 sera l’année pendant laquelle toutes les constructions  anarchiques et les bidonvilles seront définitivement rayés de la capitale, ce qui fera d’Alger la première ville africaine sans bidonvilles, conformément à l’initiative «Villes sans taudis», adoptée en 2005 lors de la Conférence ministérielle sur le logement et le développement urbain (AMCHUD), avait lancé à l’époque le wali d’Alger assurant qu’à la fin de l’année, il ne subsistera aucun bidonville au niveau de la capitale. et que l’année 2017 sera l’année de la mise à niveau des Haouchs, du vieux bâti et de l’habitat précaire dans son ensemble.

Entre temps, la crise économique et financière frappe de plein fouet notre pays. Les revenus tirés des exportations des hydrocarbures sont en  chute libre. Les prix du pétrole sont tirés vers le bas  sur les marchés mondiaux.

Conséquence : les programmes en cours pour la réalisation des logements, notamment les logements publics locatifs (LPL), destinés aux couches les plus vulnérables de la société, aux revenus faibles, accusent le coup et enregistrent un ralentissement conséquent.

Les autres programmes subissent eux aussi, l’effet de baisse drastique des ressources et par ricochet le manque de financement destiné à poursuite de la cadence des réalisations des chantiers de logements.

 

La distribution de logements se poursuivra tout au long de l’année

Le pari «2016» ne sera pas tenu. Les retards de la livraison des logements sont imputés à la crise qui a surgi à un moment où on l’attendait le moins. Abdelkader Zoukh a payé le prix de l’arbitrage du gouvernement, même si les membres de l’exécutif, notamment le ministre de l’Habitat, avaient clamé que le logement n’était pas concerné par les restrictions budgétaires.

Un bilan au final mi figue, mi raisin à la fin de l’année 2017. Il y aura ensuite un coup d’accélérateur dès le début de l’année 2018, grâce au financement non conventionnel. Des ressources sont allouées au secteur de l’Habitat qui se lance dans le «reste à réaliser» (RAR). Des milliers de logements en «souffrance» sont alors ahevés et les  opérations de relogement reprennent à un rythme soutenu. A Alger, de milliers de logements sont attribués à leurs bénéficiaires.

La distribution de logements se poursuivra tout au long de l’année a assuré, dimanche 13 mai 2018 le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Abdelwahid Temmar à l’occasion de la cérémonie de la remise de clés de 1.000 logements sociaux participatifs (LSP) et 482 logements publics locatifs (LPL) à Alger.

Concernant la wilaya d’Alger, M.Temmar a souligné que son secteur a intensifié les efforts afin de répondre à la demande croissante de logements et ce en coordination avec les autorités locales.

Le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, a indiqué, quant à lui, que le quota de la wilaya en termes de Logement social participatif (LSP) était estimé à 42 000 unités, dont 12 000 unités ont été distribuées avant 2012 et 14 000 autres du même quota ont été distribuées depuis juin 2014 à ce jour.

Il reste 16 000 logements du quota global du LSP, dont 2000 unités ont été changées en Logement promotionnel aidé (LPA), a précisé le wali d’Alger.

Un toit pour tous ?

C’est possible ! A moyen terme, assurément, si toutes les conditions sont réunies pour tenir le cap de la feuille de route tracée au bénéficie des millions d’Algériens en quête d’un toit décent ey d’une vie digne pour leurs familles.

Mohand Ouarab