Circulation et transport à Alger : A hue et à dia !

Se déplacer, se rendre sur son lieu de travail, est devenu chose compliquée pour les Algérois. En effet, chaque jour que Dieu fait, il y a plus de 1,6 millions de véhicules sur les routes. Alors chacun y va de sa méthode pour arriver à… ses fins.

Même si les choses ont véritablement évolué sur le terrain, le transport des personnes continue à constituer un véritable casse-tête pour les voyageurs. Pour se rendre au travail, les algérois trouvent moult difficultés. Les routes sont encombrées dès les premières heures de la journée. Ce sont plus de 1,6 millions de voitures qui convergent vers la capitale tous les jours. Les pouvoirs publics ont mis au point un nouveau plan pour améliorer les modes de transports. Depuis les algérois peuvent utiliser le métro, le train et le tram. Les travaux sont toujours en cours et selon les responsables de la direction des transports, les algérois seront mieux transportés à l’horizon 2025.

 

Les encombrements bloquent les routes.

Tous les matins, les habitants des communes de banlieue doivent se lever aux aurores pour être surs d’arriver à l’heure au travail ou pour régler leurs affaires. A partir de 5h, le trafic routier commence. Les conducteurs téméraires sortent de chez sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller les enfants.

«Je prends mon petit déjeuner dans le café mitoyen de mon lieu  de travail», dit un comptable  qui ne recule devant rien pour trouver une place de stationnement.

Ce n’est pas seulement les places de stationnement qui font courir les travailleurs. Après 6h30, toutes les routes qui conduisent à Alger sont bouchées. Les encombrements commencent par se former aux portes situées à proximités de la capitale. La côte de Bir Mourad Rais, Mohammadia et Ben Aknoun sont le calvaire des conducteurs.

Ceux qui n’ont pas eu le courage de se lever tôt devront patienter dans des embouteillages monstres. Même si les poids-lourds sont interdits de circuler en ville la journée, le nombre impressionnant  de bus n’est pas fait pour désengorger la circulation.

Les propriétaires de cars de transport de voyageurs s’y prennent eux-aussi à 6 h.

«Je préfère rouler sur des rues désertes. Je décharge les voyageurs à 6h30 à la station de Tafourah. Je rentre chez moi pour ne sortir qu’à 10h. Il y a moins de monde à cette ci», dit le propriétaire d’un bus qui assure la ligne  entre Saoula et Alger.

Les travailleurs non véhiculés doivent eux-aussi se débrouiller pour arriver à l’heure. Il y a ceux qui sortent de chez à l’heure du laitier. Il s’agit des travailleurs et des étudiants qui résident dans les localités desservies par les bus. « Je suis étudiant en médecine. Je préfère prendre les devants et arriver à 7h », dit un étudiant en médecine qui habite la commune de Draria. Il préfère utiliser les transports des voyageurs car les bus de transport des étudiants démarrent à 7h.

 

Metro, tram et train.

Le métro, le tram et le train commencent à bouleverser les habitudes des algérois. Ceux qui habitent devant une station ou une gare sont les bénis de Dieu. Ces moyens de transport sont de plus en plus adoptés par les citadins et les banlieusards de la coté Est. Ils sont de plus en nombreux à délaisser leurs voiture pour utiliser les nouveaux moyens de transport urbains. « Depuis que le tram dessert mon quartier, ma voiture reste dans le garage. Il m’est plus facile de prendre le tram jusqu’à la station des Fusillés et je continue par le métro. C’est plus rapide, moins cher et surtout moins fatigant », dit un cadre dans une entreprise publique.  Les algérois du centre ville se déplacent eux aussi en métro quand ils habitent pr7s des stations.

Les banlieusards qui résident dans les communes disposant d’une gare ferroviaire n’hésitent plus à utiliser ce transport.

«J’habite au centre ville de Birtouta. Je prends le bus qui dessert la gare et après je prends le train pour aller à Alger. Le soir je rentre aussi par train», dit un professeur à l’Université d’Alger.

Les usagers desservis par la ligne de chemin de fer qui relie Alger à la commune de Zéralda ne manquent pas d’éloge pour ce moyen de transport qui  leur permet de se déplacer rapidement.

Pour le moment les lignes de tram et de métro ne sont pas nombreuses.  Les travaux sont toujours en cours pour prolonger les lignes déjà en service. Le métro arrivera à Baraki à la fin de l’année 2019. Les habitants de cette commune et des localités voisines pourront alors se passer de leurs voitures. On évoque déjà la création  de la ligne de métro qui reliera Alger à Draria.

 

Quand les routes sont mauvaises, les transporteurs se font rares  

Les routes de la wilaya d’Alger sont souvent dans un état lamentable. Les automobilistes qui s’y aventurent doivent faire très attention. En plus des nids de poules, ils sont tenus de veiller à ne pas tomber dans de véritables crevasses. Combien d’accidents sont causés par le mauvais état des routes. Les conducteurs ne peuvent rien  faire quand justement les accidents sont causés par l’état des routes. Seuls les conducteurs assurés tout-risque peuvent prétendre au remboursement des dégâts.

Ce les propriétaires de vieilles voitures qui en pâtissent alors le plus de la situation  des routes.   « J’ai dû emprunter de l’argent pour réparer ma voiture. J’ai refait toute la suspension. Je suis tombé dans une crevasse que je n’avais pas vue car il pleuvait ce jour là », dit un chauffeur de taxi à Saoula. Il nous invite revenir sur le lieu de l’accident qui a failli lui couter vie.

La route qui relie la commune de Saoula à Draria à partir du lieu-dit Pont Américain est toujours dans un état de délabrement avancé. Tout le long  de cette route de 3 kilomètres, le bitume n’est qu’un vieux souvenir. De ce chemin de wilaya il ne reste presque rien, excepté le tracé de la voie  qui est devenue avec le temps une simple piste.

Les conducteurs qui empruntent cette voie, sont obligés de redoubler de vigilance. Par endroits, de grandes crevasses ressemblant à des cratères de volcan se dressent devant les automobilistes. Ces derniers doivent parfois faire face à de véritables monticules de terre. La conduite n’est pas de tout repos. « Les femmes ne passent jamais par ce chemin. Seuls les automobilistes contraints de se rendre à Baba Hassan passent par cette route », dit le même chauffeur de taxi.

Dans une autre commune, celle de Souidania cette fois, la situation du réseau routier  n’est guère meilleure. Pour accéder à cette commune, l’automobiliste doit prendre son mal en patience, en roulant sur une route cabossée et entièrement abîmée. «Nous avons pris attache avec les responsables de notre commune pour entamer les travaux de bitumage. Mais nos doléances  sont restées lettre morte», dit un habitant de cette localité. Cette situation éloigne les chauffeurs de taxis de cette commune qui préfèrent travailler en ville. « Je préfère travailler loin de ma commune où les routes sont impraticables »,  dit un chauffeur de taxi qui habite pourtant à Souidania.

Les routes des communes dans la wilaya d’Alger sont souvent en mauvais état. Les routes nationales ou de wilaya sont plus ou mieux bien entretenues. L’entreprise de wilaya ASROUT répare les routes en pratiquant la technique des «pièces ». Les endroits endommagés sont réparés.

«Les Routes ont une durée de vie d’une dizaine d’années. Pour qu’une route soit confortable pour les automobilistes, il faut changer le bitumes en  entier», dit un chef d’équipe à l’entreprise ASROUT.

Les habitants des quartiers où les routes ne sont pas entretenues sont livrés à eux-mêmes.  Ils n’ont pas d’autre choix que de se rendre au chef lieu des communes où ils habitent (les routes des  centres villes sont relativement entretenu». Les bus et les taxis ne desservent pas les zones reculées et don t les routes sont délabrées.

 

Ils arrivent très tôt au travail.

La démocratisation de la voiture a engendré le phénomène des embouteillages sur les routes. Pour éviter les aléas des encombrements, les automobilistes et les travailleurs usagers des bus sortent très tôt de chez eux. Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, cette nouvelle situation pousse les gens à travailler. Les cafés ouvrent à 5h du matin pour accueillir ces nouveaux clients.

Ces derniers ne trainent pas dans les rues, préférant de loin se rendre au bureau ou à l’atelier. Ils lisent les journaux avant de s’attaquer au travail bien avant l’horaire légal.

«Quand je rentre au bureau je commence par lire les journaux. Dès que je termine, je me mets au travail. Depuis que j’arrive à 6h30 au travail, croyez moi, je n’ai plus de dossier en instance», dit un responsable des ressources humaines dans une grande entreprise privée. «Les collègues sont très courtois avec moi car leurs dossiers sont à jour», tient-il à ajouter.

Un soudeur au port d’Alger a vu ses efforts récompensés depuis qu’il commence son travail avant les autres.

«Pour éviter les encombrements je sors de chez moi à 5h30. Je vais directement à l’atelier quand j’arrive à la gare routière. Mon patron a remarqué que ma production a augmenté, aussi il m’a autorisé de quitter l’atelier à 15h en m’accordant bien entendu une hausse de salaire. Je rentre chez moi à une heure creuse», se réjouit§il, lui qui va entamer une formation de soudure sous-marine.

Djafar Amrane.