Le sport scolaire en net recul

Très peu de confrères ont rapporté l’information. Une journée d’information sur le sport scolaire s’est tenue à Alger le 13 février. Et si elle n’a pas été médiatisée comme il se doit, cela traduit le peu d’importance qu’on accorde à cette pratique.

Ainsi on apprend que jusqu’en 2013, pratiquement toutes les wilayas abritaient des classes sportives dans les établissements scolaires. Aujourd’hui, il n’en reste que 9 ! Pourquoi ce recul ? C’est du au manque d’encadrement et aux moyens pédagogiques, nous dit-on.

En réalité, c’est surtout à cause du peu d’intérêt porté au sport scolaire considéré comme peu porteur et ne donnant des résultats qu’à long terme. Alors évidemment, les temps étant à l’élitisme, on regarde surtout du côté de ces clubs qui brassent des milliards et qui engrangent des résultats dans l’immédiat. Il s’agit de se poser la question en toute conscience : qu’a donc apporté le professionnalisme et cette conception ultralibérale de la pratique sportive qui consiste à acheter des athlètes et des champions «clés en mains» au lieu de les former à partir de l’école ?

Plus clairement, avons-nous engrangé de meilleurs résultats depuis que nous avons adopté ce prétendu professionnalisme ? La réponse est évidente : les meilleures performances ont été réalisées par nos amateurs puisés dans les clubs de quartiers et dans les établissements scolaires. Il fut un temps où chaque lycée possédait son équipe attitrée dans chaque discipline et il nous souvient avoir assisté à des championnats scolaires de haut niveau et en ces temps les équipes de lycée servaient de réservoir aux équipes nationales.

Aujourd’hui, le sport scolaire est réduit à de la figuration et c’est à peine si on le pratique en laissant les élèves courir derrière un ballon, encadrés par des profs sans aucune qualification. Le sport féminin subissant de lourds préjugés, a été carrément abandonné et il suffit d’un certificat médical de complaisance pour s’en voir dispensé.

Ceci expliquant cela, on comprend dès lors pourquoi la violence scolaire s’est dangereusement propagée ces dernières années : les activités sportives et aussi culturelles sont en voie de disparition dans les établissements scolaires.

K.A.