L’Islam de nos ancêtres

«Il y a lieu de combattre tout ce qui peut diviser les Algériens notamment les sectes et certains courants religieux dont le salafisme…».  C’est le président du Haut-Conseil Islamique qui le déclare sans ambages. Cette conception rigoriste de l’Islam, qu’on veut combattre, a été adoptée par nombre de citoyens algériens, séduits, subjugués même par une pratique prêtée au Prophète. Un culte qui dit se réfèrer à l’application stricte des préceptes musulmans.

Or, cette conception nous vient de l’étranger plus particulièrement de l’Arabie Saoudite qui s’est toujours attelée à épandre dans les pays musulmans une doctrine dure basée sur la charia et inspirée du wahhabisme. Mais cette approche, cette pratique, en pénétrant dans notre pays notamment au début des années 80, a fait d’énormes dégâts sur le plan humain et ravagé la conscience de beaucoup de jeunes prompts à aller combattre du mécréant en Afghanistan dont les vertus islamiques étaient vantées dans les prêches du vendredi drainant les grandes foules.

En ces temps-là, beaucoup crurent découvrir le véritable islam, faisant le lit de la décennie sanglante qui allait venir et où n’importe quel gourou était accueilli comme le messie.

La population était alors perméable aux discours annonciateurs d’Oumma Islamique enfin instaurée et de nombreux muphtis firent leur apparition, décrétant ce qui était licite et illicite, «la yadjouz».

Ce furent là les prémisses à la longue nuit sanglante qu’allait traverser la population livrée à des hordes de tueurs sans merci qui égorgeaient froidement tout citoyen ou citoyenne suspectée d’impiété.

Les faux-barrages se multiplièrent et n’importe qui était passé par les armes, militaire, policier, civil, journaliste, simple citoyen…

Ce fut une décennie terrible et impitoyable où les groupes terroristes faisaient la loi, heureusement vaincus par les forces de sécurité et la mobilisation citoyenne.

Pourtant aujourd’hui, près de trois décennies plus tard, le danger n’est pas totalement écarté et s’il a été vaincu militairement, l’islamisme est toujours prégnant dans la société algérienne. Et surtout à l’école…

N.B.