La starmania sportive

Le footballeur algérien Riad Mahrez, évoluant à l’étranger fait en ce moment l’objet d’une campagne médiatique sans précédent. Chaque jour que Dieu fait, plusieurs articles lui sont consacrés. Cela va de son refus de s’entrainer à celui de son club, Leicester, de le céder, en passant par sa possible reprise du championnat.

Ce syndrome de la «starmania» a atteint depuis longtemps notre presse sportive et beaucoup de confrères pensent que Mahrez fait mieux vendre que la dernière rencontre de Zeribet-El-Oued.

Ainsi, notre football qui traverse une longue période d’incertitudes, est souvent réduit aux avatars des stars et leur parcours dans les championnats d’outremer. Des pages entières sont consacrées à des footballeurs expatriés (ou binationaux) et à leurs prouesses au sein de leurs clubs respectifs au point où une simple passe ou un but, font l’objet de longs articles.

Ne parlons pas de ces interminables feuilletons quand un joueur à la filiation algérienne se fait désirer et laisse sur des charbons ardents les plus grands dirigeants du football national. Ce fut le cas notamment d’un certain Fékir, évoluant dans un club français et que l’ancien président de la FAF n’eut de cesse de convaincre de porter le maillot national, faisant pour cela plusieurs aller-retour entre les deux pays. A l’évidence, le jeune blanc-bec (dont personne n’entend plus parler) a fait monter les enchères, allant jusqu’à se moquer de l’entraineur national en lui promettant de jouer avec les Verts !

Voilà où nous en sommes ! A consacrer un long article au genou de tel international, à la grippe de tel autre en se demandant avec angoisse s’ils seront disponibles pour le prochain match. Fonçant tête baissée dans cette configuration du professionnalisme d’outremer, de la politique d’import de joueurs prêts à l’emploi, comme on importe des produits finis, nous en avons oublié que nous possédons un championnat qui claudique certes, mais qui est capable de fournir une sélection nationale comme jadis dans ces années 80 lumineuses.

A qui la faute ?

K.A.