Transfuges Littéraires

«Les Algériens sont les rois de la débrouille, ils habitent des bidonvilles, mangent des pierres, sucent des racines, se lavent avec du sable, mais réussissent à garder en eux la flamme de l’espoir. On la trouve dans la drogue ou dans la religion…»

C’est Boualem Sansal, ex cadre du ministère de l’Industrie, devenu écrivain, qui l’affirme. Il fait partie de cette race de nouveaux scribes aux positions très ambigues lorsqu’il s’agit d’évoquer leur pays. Alors ils disent ce que la diaspora française a envie d’entendre, autrement dit qu’ici en terre d’Algérie, ce n’est pas encore le chaos mais cela ne saurait tarder. Prenant ainsi la relève des mercenaires qui ont milité pour le «qui-tue-qui», ces Souadia, Sifaoui et consorts qui n’eurent de cesse de casser de l’Algérie au point d’être omniprésents sur les plateaux télé de ces chaines friandes de faux scoops et surtout de désinformations.

Passée cette période, c’est au tour d’intellectuels algériens bien sous tous rapports de supplanter les anciens transfuges et de faire dans la critique sournoise de leur propre pays.

Tous écrivains de renom, ils lorgnent du côté des fameux prix littéraires français, ceux-là qui sont entre les mains d’une diaspora parisienne versée dans le sionisme.

Ainsi lorsque Boualem Sansal écrit «Le village de l’Allemand» où il compare les actions de l’ALN aux horreurs nazies, que Yasmina Khadra ménage le colonialisme criminel dans «Ce que le jour doit à la nuit», que Kamel Daoud fustige la cause palestinienne, c’est dans un but bien précis, celui de décrocher le fameux Goncourt tant couru. Quitte à piétiner ses compatriotes.

Pauvre intelligentsia littéraire tombée en désuétude et incapable de prendre la relève de ces monstres de Kateb Yacine, Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, patriotes jusqu’au bout des ongles               et qui ont défendu leur algérianité jusqu’au bout.

K.A.