Oublier le pétrole

En fin de compte la privatisation annoncée des entreprises publiques, emballée sous un partenariat public-privé, n’aura pas lieu. C’est le président de la République qui vient de le décider, désavouant ainsi son Premier ministre qui en a fait sa feuille de route économique.

C’est qu’à ce jour, la privatisation ou autre cession des entreprises publiques quelle que fut leur dimension, a été un échec cuisant comme n’ont cessé de le marteler les experts et autres économistes de renom.

La grosse mésaventure du complexe sidérurgique d’El Hadjar qui, d’exportateur de rond à béton, a fini par devenir importateur, aurait du édifier les autorités sur cette décision précipitée et irréfléchie qui a bradé l’un des fleurons de l’économie nationale à une multinationale avec pertes et fracas.

D’autres grosses entreprises nationales ont été liquidées pour baliser le terrain aux importateurs d’électroménager, de matériel agricole, de machines industrielles…

Alors l’économie nationale est devenue inévitablement tributaire exclusivement des hydrocarbures. Au point où dès l’annonce de l’épuisement de cette précieuse ressource, c’est la panique et l’improvisation parce que le tissu industriel est réduit à sa plus faible dimension.

Ainsi, on est tombé dans la facilité en optant pour la privatisation tous azimuts quoique ses initiateurs s’en défendent. Alors qu’il est impératif de relancer des secteurs porteurs et d’avenir comme les énergies renouvelables, l’agriculture, le tourisme, confinés pour l’heure à de vagues projets alors que l’urgence exige que l’on s’attelât à dessiner les contours d’une stratégie générale destinée à enfin lancer ces grands chantiers.

Privatiser au profit de quelques magnats plus portés sur le gré à gré et la sous-traitance que sur l’investissement réel, c’est encore aller droit au mur.

Ainsi devant les échéances inéluctables qui attendent une économie fragile, il convient de prendre les décisions qui s’imposent. A savoir pister tout secteur destiné à sortir de la crise.

En un mot, oublier le pétrole, cette «malédiction» selon le mot d’un expert.

  1. B.