Les faux professionnels du football

Il est grand temps de réformer définitivement notre paysage sportif et particulièrement le football qui, après sept années de professionnalisme, n’est pas capable de fournir la moindre ossature à la sélection nationale.

Au départ, l’Etat devait juste accompagner les clubs à sortir de l’amateurisme en leur octroyant des subventions destinées à relancer la formation, à encadrer les petites catégories et à édifier des équipes solides. Mais cet argent (des sommes colossales) a essentiellement servi à assurer les salaires de joueurs qui atteignent des pics surréalistes jusqu’à 400 millions de centimes par mois,  d’entraineurs étrangers dont les émoluments s’élèvent à des dizaines de milliers d’euros.

Il a donc fallu l’échec de la dernière participation de l’équipe nationale lors des éliminatoires de la coupe du monde, pour que l’on daigne remettre en question la configuration du football en en confiant les rênes à un staff local dirigé par l’ancien international Rabah Madjer.

Celui-ci décide de se tourner vers le produit local malgré de virulentes critiques émises à son encontre. Il faut dire que l’austérité économique que vit le pays est pour beaucoup dans ce changement de cap. On ne peut plus se permettre d’importer des footballeurs au même titre que les sucreries et autres gâteries dont le gouvernement vient d’interdire l’importation.

Mais il ne suffit pas d’imprimer au football national une approche et une conception locales pour le sortir de l’ornière. Il y a toute une politique à mettre en place dont la prise en charge sérieuse de ces grappes de jeunes de l’arrière-pays qui se morfondent faute de pouvoir s’exprimer et s’adonner à leur sport favori.

Faute de moyens car le moindre espace urbain ou même rural est vite dévolu à quelque entrepreneur pour y édifier un centre commercial ou une station de lavage…

Alors forcément, ces jeunes se défoulent comme ils peuvent et ils vont en bandes soutenir leur équipe surtout lorsqu’elle dispute un derby. Toutes les frustrations émergent et l’inévitable se produit : un jeune poignarde un autre sans le connaitre.

Le prix de la gabegie. De l’irresponsabilité.

N.B.