Forme : La sédentarité est dangereuse pour la santé

La sédentarité est dangereuse pour la santé,c’est connu, mais une récente étude montre qu’elle l’est même sur une très courte période. Elle peut entraîner des modifications corporelles dangereuses au bout de quelques jours seulement.

La sédentarité, autrement dit le manque d’activité physique, est considérée comme le quatrième facteur de risque de décès dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est pourquoi elle recommande d’intégrer 30 minutes d’exercice physique dans ses activités quotidiennes, réparties ou non sur toute la journée, pour améliorer sa santé même si l’on est très occupé. Mais que se passe-t-il si le mode de vie devient sédentaire pendant un petit moment ?

Selon les chercheurs de l’université de Liverpool, les conséquences apparaîtraient dès les premiers jours. Leur étude montre qu’au bout de deux semaines d’inactivité seulement, il existe un risque, même pour les personnes en bonne santé. En effet, cette période d’inactivité est suffisante pour réduire la masse musculaire et produire des changements métaboliques visibles.

Deux facteurs de risque qui peuvent à leur tour entraîner un risque accru de maladies chroniques comme le diabète, de maladies cardiaques, voire de décès prématuré.  Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont fait appel à 28 personnes en bonne santé, physiquement actives (avec une moyenne de 10.000 pas par jour), âgées de 25 ans et qui présentaient un indice de masse corporelle (IMC) normal.

 

Une augmentation de la graisse corporelle

Tous les participants ont porté un brassard spécial afin de mesurer leur activité physique. Ils ont également été soumis à un «check-up» de santé complet : leur taux de masse musculaire et graisseuse a été mesuré, ainsi que le niveau de fonction mitochondriale de leurs cellules (capacité à réguler leur énergie et se remettre de l’exercice) et de leur condition physique. Ces évaluations ont été réalisées en début d’étude et après un protocole de réduction des pas effectués quotidiennement pendant 14 jours.

Ainsi, les participants ont réduit leur activité physique de 80% en passant d’une moyenne de 10.000 pas à seulement 1500 pas par jour. Ils devaient tenir un journal diététique pour ne pas apporter de modifications à leur apport alimentaire durant toute l’étude. Les analyses ont montré qu’en conséquence, le temps passé à pratiquer une activité physique est passé de 161 minutes à 36 minutes par jour, soit une réduction moyenne de 125 minutes.

Dans le même temps, la prévalence de la sédentarité a augmenté, pour atteindre en moyenne 129 minutes par jour. Après cette période d’inactivité, des changements significatifs dans la composition corporelle des participants ont été observés, comme une perte de masse musculaire et squelettique et une augmentation de la graisse corporelle totale.

Cette graisse corporelle avait tendance à s’accumuler au «centre», or, la graisse abdominale constitue un facteur de risque majeur de maladies chroniques.

 

«L’activité physique au jour le jour est essentielle»

Par ailleurs, les niveaux de condition physique au niveau cardio-respiratoire ont fortement diminué : les participants se sont avérés incapables de courir aussi longtemps ou avec la même intensité qu’auparavant. «De tels changements peuvent entraîner une maladie métabolique chronique et une mortalité prématurée. Les résultats soulignent l’importance de rester physiquement actif et mettent en évidence les conséquences dangereuses d’un comportement sédentaire continu», affirme le docteur Dan Cuthbertson, qui a mené l’étude.

Ce dernier conclut : «Notre activité physique au jour le jour est essentielle pour séviter des maladies et des complications de santé. Il faut éviter de rester assis pendant de longues périodes».

L’Organisation mondiale de la santé estime que la sédentarité est «un enjeu majeur de santé publique», responsable de 21% à 25% des cancers du sein ou du colon, de 27% des cas de diabète et d’environ 30% des cas de cardiopathie ischémique.

«La marche est peut-être l’exercice physique le plus pratiqué et le plus fortement recommandé», explique l’OMS. L’institution rappelle également qu’il est important d’adapter le niveau d’activité physique en fonction de l’âge.

Chaque jour, un jeune d’âge scolaire doit accumuler au moins 60 minutes d’exercice physique d’intensité modérée à forte pour grandir en bonne santé, tandis que les plus de 65 ans doivent accumuler au moins 30 minutes cinq jours par semaine.