Selon une étude : L’air est moins pollué quand il neige

Selon une récente étude canadienne, les tempêtesde neige enlèvent de l’atmosphère une partie de la pollution des voitures.

Il en est vraisemblablement de même avec celle que provoque les feux de bois. Mais une fois emprisonnés dans la neige, ces polluants peuvent interagir entre eux et avec la lumière du soleil pour donner d’autres produits potentiellement nocifs.

«La plupart des études sur les impacts de la pollution atmosphérique sur la santé et l’environnement ont été faites dans des climats plus chauds qu’ici», explique Yevgen Nazarenko, étudiant au postdoctorat à l’Université McGill, qui est l’un des auteurs de l’étude publiée en février dans la revue Environmental Pollution.

Les chercheurs de McGill ont recueilli de la neige fraîche sur le mont Royal et l’ont exposée en laboratoire à un pot d’échappement de voiture. Les résultats obtenus ont montré que sa quantité de «carbone organique», une catégorie qui comprend les polluants toxiques et cancérigènes émis par les moteurs à essence, a doublé.

«On a des rapports anecdotiques que l’air sent plus propre pendant et après une tempête de neige. Ça semble être parce que la neige emprisonne une partie des polluants», affirme Yevgen Nazarenko.

Quand la neige fond, ces polluants peuvent redevenir volatils s’ils sont assez petits, ou alors se retrouver dans les eaux de ruissellement. «Ils peuvent aussi réagir avec les rayons ultraviolets du soleil, qui percent la neige. Il faut vraiment étudier ces autres polluants issus de la photochimie dans la neige».

Les polluants les plus gros semblent être plus souvent emprisonnés par la neige. «Le diamètre moyen des nanoparticules dans l’air a diminué en présence de neige», dit M. Nazarenko.

«Ce sont des particules peu étudiées, parce qu’on n’avait jusqu’à récemment pas de manière abordable de les capter. Elles interagissent de façon particulière avec les voies respiratoires».

Cela signifie-t-il que la neige et les tempêtes de neige absorbent une partie de la pollution liée aux foyers au bois, dont les particules sont plutôt de l’ordre du micromètre, donc 1000 fois plus grosses que les nanoparticules ? «En théorie, oui, mais il faudrait vraiment le vérifier», dit M. Nazarenko.

 

La neige fondante est un cocktail toxique de polluants

Par ailleurs, si la neige fondante annonce le retour du printemps, peu se doutent qu’elle contient un cocktail toxique de polluants qui sont alors relâchés dans l’environnement, a déterminé une équipe de scientifiques canadiens.

Ces chercheurs ont découvert que la neige agit comme une immense éponge qui absorbe les polluants atmosphériques provenant des gaz d’échappement des automobiles. Un problème particulièrement aigu en zone urbaine.

L’air semble d’abord «plus propre» après la chute de neige parce qu’elle emprisonne les particules fines de la pollution de l’air. Mais lorsque la neige fond, c’est une toute autre histoire, concluent-ils.

Car non seulement ces polluants nocifs s’accumulent dans la neige, mais ils s’y transforment: d’autres particules et molécules sont libérées dans l’environnement lors de la fonte des neiges – avec différents degrés de toxicité et de cancérogénicité.

Il s’agit notamment de différentes nanoparticules: ces polluants, les plus petits que l’on retrouve dans l’air, ont été associés à plusieurs problèmes de santé, comme la mort prématurée chez les enfants, des maladies cardiaques et respiratoires et aussi certains cancers.

Certaines des particules relâchées dans l’environnement sont même plus nocives que les polluants initialement absorbés, alors que d’autres le sont moins, a expliqué en entrevue l’auteure principale de l’étude, Parisa Ariya, professeure au Département des sciences atmosphériques et océaniques ainsi qu’au Département de chimie de l’Université McGill. «On a démontré pour la première fois que dans la région urbaine, la neige agit comme une éponge pour attirer, et concentrer, et accumuler, un cocktail toxique de polluants atmosphériques provenant des particules des gaz d’échappement des automobiles», a-t-elle dit.«On a démontré que c’est très rapide. Ce sont des processus qui peuvent se passer sur une période de 30 minutes», a-t-elle ajouté.

Lorsque la neige fond, elle peut se retrouver – polluants compris – dans les sols et les eaux des rivières. D’autres polluants se volatiliseront pour retourner dans l’air.

Pour déterminer comment la neige capte les émissions polluantes des automobiles, les scientifiques l’ont exposée à des gaz d’échappement dans un globe de verre fabriqué dans leur laboratoire. Ils ont alors utilisé différents outils de mesure, dont des lasers, des microscopes et des appareils de haute résolution qui ont confirmé les résultats.

Mme Ariya compte bien pousser ces travaux de recherche plus loin. Notamment sur l’effet de la neige et des changements de température rapides, comme les périodes de gel et de dégel au Québec.

«Si on ne connaît pas l’effet de la neige, on n’est pas capables de bien réglementer les polluants atmosphériques», a-t-elle conclu.