Cirrhose : Les sodas à l’origine du syndrome du «foie gras»

Décidément, la consommation quotidienne de sodas n’est pas bonne pour la santé. Directement liée à l’épidémie d’obésité qui touche actuellement l’Europe et les Etats-Unis, elle est aussi à l’origine de lésions du foie, selon une étude publiée dans le Journal of Hepatology et menée par des chercheurs de la Tufts University, aux Etats-Unis.

Un risque qui n’est pas associé à la consommation de sodas «light»

Les chercheurs ont demandé à 2.634 hommes et femmes de reporter leur consommation de boissons sucrées (avec ou sans caféine). Ils ont ainsi classé les participants selon trois catégories : les faibles consommateurs de sodas (1 soda de 33 ml par mois à moins d’1 par semaine), les consommateurs modérés (1 soda par semaine à moins d’une portion par jour), et les «grands» consommateurs (au moins 1 soda par jour).

Les scientifiques ont examiné ensuite la quantité de gras présente dans le foie des participants à l’aide de la tomodensitométrie, une technique d’imagerie médicale. En analysant les résultats obtenus, les auteurs de l’étude se sont aperçus que les consommateurs quotidiens de sodas ont un risque accru de 55 % de développer une stéatose hépatique non alcoolique (SHNA), c’est-à-dire une accumulation de graisses appelées triglycérides dans les cellules du foie.

Et peu importe le sexe, l’âge, l’indice de masse corporelle et le mode de vie des participants (comme la consommation d’alcool ou de tabac).

Cependant, l’absorption fréquente de sodas «light» n’augmente pas le risque de SHNA, selon cette étude.

La stéatose hépatique non alcoolique (SHNA) est très souvent associée à la surcharge en poids et/ou au diabète de type 2, explique l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm – France) sur son site internet.

Cette maladie est le plus souvent asymptomatique, mais l’accumulation d’acides gras peut entraîner une réponse inflammatoire appelée stéatohépatite non alcoolique qui favorise l’apparition d’une cirrhose (inflammation chronique qui entraine la destruction des cellules hépatiques) et dans certains cas le développement d’un hépatocarcinome (tumeur du foie la plus fréquente).

Aux Etats-Unis, près de 30 % de la population serait ainsi touchée par ce syndrome du «foie gras».

Une situation qui devrait empirer puisque d’ici 2030, près de 50 % de la population mondiale pourrait souffrir de SHNA, estiment les scientifiques.