Le e-commerce en Algérie Tidjara Market, une société pionnière

Alors qu’un peu partout dans le monde, le commerce par Internet, le e-commerce,est une réalité, en Algérie ce secteur est encore au stade embryonnaire. Même si ceux qui veulent investir dans le secteur ne se bousculent pas au portillon, un technicien en informatique vient de lancer un site web qui regroupera les opérateurs spécialisés dans la vente, leur offrant la possibilité d’avoir des boutiques virtuelles visibles dans le monde entier.

L’avènement d’Internet a induit de nouveaux modes de consommation. Les entreprises ne sont plus des espaces en dur, il y a désormais des magasins virtuels ouverts de jours comme de nuit, où les acheteurs peuvent faire leurs emplettes à n’importe quelle heure de la journée.

Cette possibilité a bouleversé le monde économique. On parle désormais du e-commerce.

Des grandes entreprises  sont devenues des mastodontes de la vente par Internet. La circulation des biens n’a plus de frontières et les clients n’ont que l’embarras du choix.

Ils peuvent passer commandes à l’autre bout du monde et être livrés à domicile dans les 72 heures.

Les multinationales de la vente par correspondance disposent de plateformes dans les grandes capitales sur les cinq continents. Le payement en ligne à l’aide de petits terminaux domestique joue un rôle prépondérant dans le e-commerce.

Le client n’a pas à se faire de soucis, les grands sites de vente sont assurés. Ils offrent des garanties en matière de sécurité.

Aujourd’hui en Europe, en Amérique ou en Asie, les clients font leurs courses via leurs écrans d’ordinateur ou par les téléphones connectés.

Les sites Internet qui font de la vente, offrent des vitrines aux marques connues.

La publicité de ces marques entre ainsi chez les consommateurs. Ces vitrines ont été exploitées aussi par de petites entreprises qui ont vite fait de grandir.

En Algérie, on en est encore aux premiers balbutiements, en matière de e-commerce.

Les cartes bancaires ne servent pour le moment qu’à retirer de l’argent des distributeurs automatiques de billets (DAB). Certaines entreprises ont tenté de se lancer dans le e-commerce, sans succès.

En plus de l’archaïsme qui caractérise le réseau d’Internet, les investisseurs dans ce domaine ont été confrontés à l’anarchie des réseaux de distribution.

Les colis postaux n’arrivent que rarement à destination. «J’ai essayé de me lancer dans la vente par correspondance. Les gens commandent par téléphone et je pensais que la poste allait acheminer les colis. Au bout de 15 jours d’essai, j’ai arrêté.

Je voulais pourtant investir dans le e-commerce. Les colis n’arrivaient pas. Des clients scannaient de faux mandats qu’ils m’envoyaient par fax. Il y a de nombreux problèmes qui entravent cette activité», se plaint Djamel Ait Ali un homme d’affaire installé aujourd’hui en France.

Tidjara Market : une nouvelle approche

Une entreprise algérienne vient de lancer un grand site du e-commerce, mais au lieu de lancer une plateforme de vente, l’initiateur du projet, Abdelmadjid Mechrouk, un technicien en Informatique, a préféré ouvrir une interface aux opérateurs intéressés par la vente.

Il leur offre un espace professionnel dédié à la vente : des magasins en ligne.

Les clients intéressés vont faire leurs achats dans les boutiques de ces opérateurs directement.

L’intérêt de cette approche réside dans le fait que le client n’a qu’à ouvrir la page d’accueil de Tidjara Market pour voir se dérouler devant lui une multitude d’offres. Il peut même comparer les prix des uns et des autres.

Cette plateforme existe depuis sept mois. 90 entreprises ont déjà fait le choix de se lancer dans la vente par Internet et une quarantaine d’autres sont en attente.

Abdelmadjid Mechrouk estime que son initiative est en train de se concrétiser sur le terrain. Il tient à rappeler que sa plateforme offre plusieurs services et avantages aux opérateurs mais aussi aux clients.

Les vendeurs sont sûrs d’avoir des boutiques ouvertes en permanence et visible dans le monde entier.

L’annuaire intégré permet aux clients de les situer et d’aller éventuellement vers leurs magasins pour faire des achats.

Ce n’est que le début, mais M. Mechrouk croit dur comme fer en la réussite de son projet. Il estime que l’Algérie est sur le point d’entrer de plain-pied dans l’ère numérique. «Puisque les sites de ventes vont exister, la logistique et les autres moyens nécessaire suivront. Quand ce secteur sera lancé, le problème de la logistique trouvera une solution», explique-t-il.

Djafar Amrane